Paris Move : Album Review

Quand on l’a connu tout jeune (avec son “Call It What You Will”, paru voici bientôt vingt ans), quelle surprise de retrouver Steve HILL en homme orchestre! C’est que dans son Québec natal, la concurrence fait rage, et que contre mauvaise fortune, le garçon s’est résolu (après six albums en format groupe) à commencer à se produire en solo dans les rades de sa contrée, puis lors de premières parties locales. La formule prit si bien qu’il en tira trois enregistrements studio consécutifs. Repéré et signé par les Anglais de Manhaton (label de King King, Robin Trower et Sari Schorr), il livre à présent l’enregistrement non retouché d’un concert donné à Québec le 30 novembre dernier. Et c’est peu dire que le résultat impressionne. Par delà la performance consistant à actionner simultanément grosse caisse, charley et caisse claire, tout en chantant et usant magistralement de la guitare (mystère de la nature pour nombre de musiciens), sa prestation ne déparerait pas celle d’un véritable trio. Dans une veine entre Johnny Winter et Rory Gallagher, Steve HILL alterne boogies furieux (“Rhythm All Over”, “Damned” ou une version incendiaire du “Hate To See You Go” de Little Walter), heavy blues rageurs (“Never Is Such A Long Time”, “Still Got It Bad”, “Dangerous”) et brêves accalmies auxquelles il consacre un véritable talent d’harmoniciste (“Tough Luck”, “Nothing New”) et de slider (“Out Of Phase”). Se refermant sur une version d’anthologie du “Voodoo Child” de Hendrix, un grand moment de transe électrique communicative, à ranger entre le “Captured Live” de Winter et le “Live In Europe” de Rory. Ceux qui savent auront compris.

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