Pieuvre.ca: Critique de Solo Recordings Vol. 1

Après un album particulièrement endiablé lancé à la fin du printemps 2011, l’auteur-compositeur-interprète Steve Hill revient sur la scène musicale montréalaise avec un projet personnel simplement dénommé Solo Recordings Vol. 1. Là où Whiplash Love avait frappé fort avec des rythmes rock puissants et faisant trembler plus d’un haut-parleur de graves, ce nouveau disque – le septième – est plutôt le résultat d’une réflexion intime de ce Montréalais qui continue de définir le milieu du rock dans la métropole et ailleurs. Plus réservé, à moins grand déploiement, Solo Recordings Vol. 1 mérite plutôt une écoute attentive, histoire de bien saisir toute la substantielle moëlle musicale que l’on y retrouve.

« Album à l’état brut », clame le communiqué de presse qui accompagnait le lancement du disque, la semaine dernière. Album brut, en effet, alors que l’orchestre qui accompagnait Steve Hill sur son précédent disque – et lors de l’excellent concert donné à l’automne dernier à l’Astral – s’efface pour laisser le musicien seul aux commandes. Steve Hill à la batterie, Steve Hill au chant, Steve Hill à la guitare… on le comprendra facilement, c’est le rockeur qui est aux commandes.

La première impression est d’ailleurs quelque peu déstabilisante. Exit l’attaque mélodique vigoureuse du précédent disque avec la pièce d’ouverture It Ain’t Cool, Solo Recordings est plutôt dans un registre lent. Celui d’un blues à l’aspect un peu élimé, comme un vieux routier qui rentre au bercail. On a de ce fait le sentiment que Steve Hill a voulu prendre son temps, peaufiner ses mélodies et travailler ses accords pour que le tout sonne exactement comme prévu.

Solo Recordings s’inscrit d’ailleurs dans un tout autre registre, par exemple, du premier album des Foo Fighters, enregistré de A à Z par Dave Grohl. Si cet album éponyme était le premier effort d’un homme-groupe appelé à développer davantage son style et à perfectionner son talent par la suite, Solo Recordings représente sans doute un des points d’orgue de la carrière de Steve Hill, quelque chose qu’il n’aurait peut-être pas été en mesure de faire aussi bien en tout début de carrière.

Ne cherchez pas de grande mélodie accrocheuse sur Solo Recordings; Steve Hill a plutôt choisi des mesures lentes, soupesées, travaillées jusqu’à la perfection. S’il est vrai qu’il a enregistré tous les instruments, la batterie et la basse sont quelque peu reléguées à un rôle de figuration. L’attraction principale, la vraie raison pour laquelle on attrape ce disque et on le glisse avec plaisir dans le lecteur, c’est la voix du chanteur et les accords de sa guitare, qu’il sait si bien utiliser pour transmettre ses émotions et sa passion pour le rock et le blues.

Avec huit compositions personnelles sur les 12 pièces de l’album, Steve Hill prouve par ailleurs de nouveau ses talents d’auteur et de compositeur. L’artiste sera d’ailleurs en tournée cet été au Québec pour faire la promotion de ce nouveau disque, effectuant entre autres un arrêt au Festival international de jazz de Montréal. À ne pas manquer.

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