La Presse: Steve Hill – Seul et heureux

Steve Hill est seul sur scène lors de la tournée destinée à présenter son nouvel album Solo Recordings Volume 2. Le guitariste, qui s’est arrêté jeudi au Petit Champlain, s’assume maintenant totalement comme homme-orchestre, un projet qu’il a lancé en 2012 et qui lui ouvre aujourd’hui plusieurs portes.

«Jamais je n’aurais pensé devenir un homme-orchestre! C’est grâce à un ami qui avait organisé un show à Drummondville auquel j’ai participé en échange d’une vieille guitare des années 50 que je me suis remis au blues dans une formule où, en plus de chanter et de jouer de la guitare, je me chargeais des percussions», explique l’ancien guitariste de Michel Pagliaro et d’Éric Lapointe.

De cette idée est né un album, Solo Recordings Volume 1, qui a connu un succès inespéré. «Au départ, ce n’était qu’un side-project, mais c’est l’album qui a marché le mieux de toute ma carrière. J’ai été pour la première fois en nomination aux prix Juno et j’ai gagné le prix du meilleur album autoproduit au International Blues Challenge de Memphis», confie-t-il.

Ce succès qu’il n’avait jamais vu venir, Steve l’apprécie d’autant plus qu’il lui a permis d’être diffusé par les radios blues du Canada anglais et des États-Unis, où il n’était pas aussi connu qu’au Québec.

«Je ne sais pas pourquoi, c’est avec ça que ça a marché. Peut-être que c’est ce que je fais de mieux ou peut-être que c’est seulement une question de timing. Mais une chose est sûre, j’ai du fun à faire ça. Éventuellement, je vais refaire un album avec un groupe, mais pour l’instant, je suis presque déjà booké pour un an», poursuit-il.

Plus loin

Sur son deuxième album comme homme-orchestre, Steve Hill va un peu plus loin que sur le premier. Il se promène toujours entre le blues, le rock’n’roll, le folk et le country, mais a ajouté quelques instruments à son arsenal.

«Je joue de l’harmonica et j’aurai une batterie presque complète avec moi : une caisse claire, une grosse caisse, une cymbale et j’ai même une baguette au bout de ma guitare pour taper sur la cymbale», explique Hill, qui a aussi trouvé le moyen de jouer de la basse en même temps.

«J’utilise un pick-up de ma guitare sur les deux grosses cordes, j’envoie ça dans un octaver qui s’en va directement dans un amplificateur de basse. Sur scène, l’aménagement sera aussi gros que pour un trio, car j’ai deux amplis de guitare et un ampli de basse en plus de la batterie.»

Il avoue aussi avoir des amis qui lui donnent un coup de main afin de bâtir les appareils qui permettent à tout cet équipement de bien fonctionner. «Je n’utilise pas de loop ni de synthétiseur, je me tiens loin de ça.»

Contrairement à plusieurs hommes-orchestres, Steve Hill joue debout et non assis. «J’ai essayé assis, mais j’étais inconfortable. Debout, je dois me servir de mes deux pieds tout le temps, car j’ai des pédales pour la grosse caisse et la caisse claire. Heureusement, je ne suis jamais tombé jusqu’à maintenant!» lance-t-il en riant.

Trilogie

S’il croyait au départ que son Volume 2 paraîtrait beaucoup plus tard, il assure maintenant qu’il travaillera sur le Volume 3 durant les temps morts de sa tournée. «Je vois ça comme une trilogie. Celui-là, c’est mon Empire Strikes Back, alors ça me prendra un Return of the Jedi, un Search for Spock ou un Eye of the Tiger», illustre-t-il.

Steve Hill n’a pas non plus l’intention de redevenir guitariste accompagnateur de sitôt. «J’aime bien collaborer avec des chums, mais il n’y a que 24 heures dans une journée. Ça fait trois ans que je fais juste mes affaires. Je fais 100 shows par année, je compose mes chansons, je fais des albums, je gère ma carrière et ma compagnie de disques. Alors, à moins que les Allman Brothers me demandent de me joindre à eux ou qu’un des gars de Paul McCartney ne décide de lâcher, ça va rester comme ça pour moi!»

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