Critique Solo Recordings Vol. 1 du Zicazine

Le Canadien Steve Hill fait partie des musiciens parmi les plus intéressants de sa génération, toutes origines confondues, et il n’est pas surprenant de constater que depuis sa première scène alors qu’il n’était âgé que de seize ans jusqu’à aujourd’hui, le guitariste a su séduire dans tous les registres et est parvenu à se frotter aux plus grosses pointures mondiales, de ZZ Top à Jeff Beck en passant par Metallica dont il a partagé les scènes. Salué dans le blues, un style qu’il maîtrise sur le bout des doigts, adulé dans le rock voire même le hard rock où la puissance de son jeu est remarquée, Steve Hill a rapidement su ajouter une nouvelle corde à son arc et est devenu un chanteur à la voix chaude et assurée, autant de bonnes raisons pour qu’après diverses expériences en groupe il se lance dans une aventure solitaire pour laquelle il tient tous les postes, composant la majorité des morceaux et y assurant le chant, les percussions et bien évidemment les guitares. Doué et prolixe, c’est donc en one man band qu’il a enregistré ces « Solo Recordings » tellement réussis que l’ouvrage a été récemment couronné du titre de Meilleur Album Autoproduit de l’année 2012 par la très sérieuse Blues Foundation à Memphis !

Avec huit pièces originales et quatre covers revisitant de fort belle manière Muddy Waters, Cream, les Allman Brothers et Robert Johnson, Steve Hill s’attache à frapper un grand coup et délaisse ses récentes expériences de guitar hero pour se faire résolument blues, partant aussi bien en électrique qu’en acoustique et déployant des trésors d’ingéniosité quand il est l’heure d’y aller en slide et au résonateur. Du blues pur jus avec non seulement une attitude mais aussi le talent qui va bien, c’est en jouant sur le côté le plus sale du genre que Steve Hill nous décoche quelques belle flèches bien ajustées qui tapent directement dans le mille, des morceaux pleins de groove et de jus comme « Ever Changing World », « King Of The World », « Gotta Be Strong And Carry On » ou encore « Preachin’ Blues » qui n’en finissent plus de vous prendre aux tripes et de vous faire battre la mesure en rythme. D’aucuns lui avaient reproché de n’être qu’un rocker qui joue du blues sans avoir une vraie âme de bluesman, avec « Solo Recording », Steve Hill est en mesure de clouer le bec à toutes les critiques déplacées et mieux encore, si l’on en croit la mention « Volume 1 » qui figure en filigrane sur la pochette, on est en droit d’espérer avoir le droit à une suite à plus ou moins brève échéance. Un (très) grand bluesman est né !

 

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